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Une scène de peur panique

(…) Soudain un cri terrible retentit. Ce cri était parti de la chambre de sa Majesté.
Près du fauteuil renversé, des tasses brisées, devant le lit en désordre et dont les draps et les couvertures étaient épars dans la chambre, Henri, grotesque et effrayant dans son attirail de nuit, se tenait, les yeux hérissés, les yeux fixes.
Sa main droite était étendue, tremblante comme une feuille au vent.
Sa main gauche crispée se cramponnait à la poignée de son épée qu’il avait machinalement saisie.
Le chien aussi agité que son maître, le regardait les pattes écartées et hurlait.
Le roi paraissait muet à force de terreur, et tout ce monde n’osant rompre le silence, s’interrogeant des yeux, attendait avec une anxiété terrible.
Alors parut à demi habillée, mais enveloppée dans un vaste manteau, la jeune reine, Louise de Lorraine, blonde et douce créature qui mena la vie d’une sainte sur cette terre, et que les cris de son époux avaient réveillées.
« Sire, dit-elle, plus tremblante que tout le monde qu’y a-t-il donc mon Dieu ?... Vos cris sont arrivés jusqu’à moi et je suis venue.
(…) La terreur était peinte si visiblement sur les traits de Henri qu’elle gagnait peu à peu tous les assistants.
« Oh Sire, s’écria la reine ; Sire au nom du Ciel ne vous laissez pas dans une pareille angoisse ! Voulez-vous un médecin ?
- Un médecin ! dit Henri du même ton sinistre ; non le corps n’est pas malade, c’est l’âme, c’est l’esprit, non, non, pas de médecin… un confesseur. » (…) Alexandre Dumas

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